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Monday, September 22, 2014

Review of a new Cloudera book by Packt

The Cloudera Administration Handbook written by Rohit Menon is a fantastic resource for anybody wanting to understand and manage a Cloudera platform.

I have to admit that I’m a rookie and that this book was exactly what I was dreaming of. Having all information in the same place, and code example both for Linux and Windows.

The book is mainly targeted at bid data expert and system administrator. The first three chapters are giving the minimum background to understand MapReduce, Hadoop and Yarn and the  Cloudera's Distribution Including Apache Hadoop (all services are listed and explained).

Then, you enter into the “hard part”. Chapter 4 discussing in details HDFS Federation and Its High Availability and chapter 7 describing “Managing an Apache Hadoop Cluster” were for me particularly valuable. The chapter 5 presenting Cloudera Manager, a web-browser-based administration tool to manage Apache Hadoop clusters, will show you how to manage the clusters with point and clicks instead of command lines. Chapter 6 is about configuring access and right using the Kerberos services. It does show you how to implement the security services, but not how to manage user rights, which is a step requiring some planning. Monitoring and backup (using the Hadoop utility DistCp and the Cloudera manager). are also presented in two distinct parts.

What I like in this book is that it goes directly to the point, assuming you already know the basics of system administration and distributed architecture. It then shares many “tips” that only an experienced professional will know, and enables the rookie I was to avoid mistakes. With this book, you will gain time. For example, the author told you when a SPOF (single point of failure) exist and the solutions to avoid them.

The only part of the book that was missing for me was the cloud deployment. I would have liked a chapter explaining how to setup cloudera in the cloud, and get the code (puppet or chef) to automate the install.

It is clearly a worth buying book for people wanting to setup and deploy correctly a Cloudera platform. I also like the fact that for the same price you can download the PDF, mobi, epub and kindle version.

The book is here ...

Sunday, May 4, 2014

Esquisse d'API pour les Taxi/VTC

J'avoue que j'ai bien du mal à comprendre les problèmes entre les Taxi/VTC tant la tension est forte. Il est d'ailleurs pour le néophyte que je suis bien difficile de comprendre les tenants et les aboutissants de ce conflit car je ne connais pas la législation en place. Et, je n'ai pas trouvé de documents décrivant des spécifications du besoin clairement définies.
Je me propose néanmoins d'essayer de commencer à réfléchir à ce que pourrais être cette API et aux questions qu'il faudra se poser. Mon but étant d'imaginer les outils nécessaires pour la mise en oeuvre d'un écosystème équitable, qui bénéficie à tous.

De l'importance de l'écosystème

En écologie, un écosystème est l'ensemble formé par une association ou communauté d'êtres vivants et son environnement biologique, géologique, etc.  Les éléments constituant un écosystème développent un réseau d'échange d'énergie et de matière permettant le maintien et le développement de la vie.

L'écosystème est désormais évident, il correspond à la ville intelligente ("smart city"). Les Taxis, les VTC, les transports en commun, les vélos et voitures en partage, tous doivent offrir les informations de leur disponibilité et la capacité pour quiconque d'acheter leur service en ligne. Dans un monde globalisée, il n'y a pas d'alternative si on veut développer le tourisme. Dans un monde de la mobilité, il en va de même.  La SNCF a d'ailleurs récemment lancé le service porte à porte qui en est l'exemple récent le plus évident de ce besoin.

Des discussions devront se mettre en place à un moment ou à un autre pour créer un écosystème durable ("sustainable") et équitable ("fair") entre tous les acteurs au niveau de la France. Cet écosystème devra valoriser les infrastructures du pays et devra aussi être conçu pour éviter que toute la valeur produite ne s'en aille ailleurs.

Les besoins

Ci-dessous, j'essaye d'établir les objectifs principaux des différents acteurs de l'écosystème.
  1. Satisfaire le client français : en lui apportant une information en temps réel lorsqu'il est en situation de mobilité et en lui permettant de réserver un véhicule lorsqu'il en a le désir. Ici, il faudra faire la différence entre ce qu'on appelle une demande immédiate et une réservation à l'avance. Il semble que le législateur utilise la borne de temps de 15 mn pour faire la différence entre les deux. Le client souhaite aussi réserver son taxi ou le eHéler (iHéler) via un smartphone, de manière numérique, sans avoir à appeler un opérateur de taxis.
  2. Satisfaire le client étranger : Le client étranger n'utilise pas son pleinement smartphone en France dans la plupart des cas, car les coûts de "roaming" sont exorbitants. Comment alors mettre en place une solution offrant au voyageur étranger en mobilité la possibilité de réserver son taxi ou son VTC simplement, si possible dans sa langue ? 
  3. Le Taxi indépendant : Le Taxi indépendant doit être considéré comme une micro-entreprise mobile. Il peut s'affilier à des opérateurs de Taxis ou pas, peut prendre des clients en mode "maraude" et peut réaliser des transports "médicaux" (service à la personne). Leur objectif est de rentabiliser au mieux leur temps, de maximiser leur revenu et de minimiser leurs charges fixes (essence, affiliation aux opérateurs de taxi, entretien du véhicule, services aux clients). Comme tout indépendant, le Taxi n'a pas forcément accès à des solutions technologiques spécifiques lui permettant de bénéficier au mieux du numérique. Les tarifs des Taxis sont réglementés et sont revalorisés par le législateur.
  4. Les "Opérateurs de Taxis" : Leur objectif comme toute entreprise est de maximiser le revenu dans un cadre juridique précis, d'acquérir de nouveaux clients et de les fidéliser au meilleur prix. Ils doivent aussi constamment améliorer le service rendu aux taxis, qui sont leurs principales sources de revenus et donc investir constamment dans la technologie. Les Opérateurs de Taxis ont aussi besoin de segmenter leur offre, en offrant des solutions pour les familles, les transports médicaux, les voyageurs d'affaire, etc.
  5. Les VTC : Les VTC au départ positionné sur un segment premium, ont démocratisé leur offre, en bénéficiant rapidement des avancées de la technologie numérique : application mobile, prix calculé en fonction de critère divers et soumis au marché. Le service, la qualité des voitures et la possibilité de payer à l'avance sa course ont été pendant longtemps des critères différenciateurs forts avec les taxis.
  6. Les agences de voyage : La révolution numérique touche aussi les agences de voyage, dont le nombre a drastiquement diminué ces dernières années. Les voyageurs, en mobilité permanente et connecté, souhaitent désormais un service porte à porte, de bout en bout. Il est clair aujourd’hui, qu'il n'est pas aisé pour un agent de voyage de réserver simplement un Taxi. Par contre, cela est plus facile pour les VTC (car ils ont des API déjà intégrées dans les outils des agents de voyage).
  7. les VSC (véhicule sans chauffeur). Qu'on le veuille ou non, les véhicules sans chauffeur seront bientôt présent dans nos villes. Que cela soit des pods (LUTZ à Londres, Hitachi ROPITZ, General Motors)  ou de vrai voitures (Nissan, Audi, BMW, Ford ont déjà mis au point des voitures sans chauffeur), il est nécessaire de les prendre en compte dés aujourd'hui. 
Comment alors créer un écosystème "équitable" et qui satisfasse tout le monde, tel est le challenge que nous devons relever.

Open Data via une Open API - Récupérer toute l'information

L'API à créer doit d'abord permettre de fournir l'information à un temps T :
  1. du nombre de véhicules disponibles, de leur type et de leur statut (occupé, libre, en pause, non disponible)
  2. d'une évaluation de la demande ! L'un des objectifs des "smart city" est de pouvoir gérer en temps réel les flux de ses habitants et touristes et donc si possible d'adapter l'offre à la demande. Connaitre la demande est donc indispensable pour rendre un service public de qualité, mais aussi pour maximiser les courses des taxis. On peut ainsi imaginer que les centres de convention, les services de transport publics (RATP, SNCF), les hôtels, etc. puissent transmettre des informations en cas de pic de demande sur une zone.
  3. la localisation des points de stationnement autorisés taxi et de points de collecte passagers privilégiés. 
Transmettre de l'information est assez simple. Pour les taxis, il suffirait d'installer un boitier ou de réutiliser l'un des nombreux équipements (smartphone, GPS) déjà disponibles dans les voitures. Pour accélérer leur mise en oeuvre, un avantage fiscal pourrait être voté pour déduire le coût initial de l'équipement des impôts. Cela serait d'ailleurs un service que pourrait fournir les opérateur de taxis, via leurs équipements et plateformes existantes (et renforcer leur valeur ajoutée pour les Taxis et Clients).

Pour les clients et autres acteurs, il suffirait de créer une API qui permette d'indiquer un besoin immédiat ou à une certaine échéance. Cette API pouvant donner lieu à des services créés par la ville ou la région (budget tourisme) ou par des institutions publiques ou privées. Si un incident sur une ligne SNCF ou RATP survient, il suffira de l'indiquer et on pourra faire converger des taxis vers le lieu de déserte. Les bus qui verraient leurs arrêts surchargés pourraient aussi envoyer un signal ...

Offre: Position et statut des véhicules
HelloRezo (Type de Véhicule [voiture, break, moto, etc.], Affiliation (VTC, Taxi, Bus, etc.) numéro d'identification, statut [occupé, libre, en pause, non disponible], heure, localisation, Numéro opérateur taxi [Independant, G7, etc.]) 
retour OK (certificat de demande, code complémentaire [Erreur, OK, etc.])

Demande: Etat de la Demande 
DemandeRezo (Demandeur type [public, privé], Identité du Demandeur, Date demande, Type demande [Immédiat, prévision, Alerte], localisation) 
retour (certificat de demande, code complémentaire [Erreur,OK, etc.])

Offre: points de stationnement
LieuRezo (Demandeur type [public, privé], Identité du Demandeur, Date demande, nom localisation, localisation du Lieu, type [fixe, temporaire])
retour (certificat de demande, code complémentaire [Erreur,OK, etc.])

Open API - Le commerce avec l'information

 Et c'est bien à ce moment que cela se complique ... Car on doit désormais prendre en compte les aspects commerciaux. Dans la suite nous proposons trois solutions, de la plus simple à la plus complexe.

Informer : le radar temps réel

La première proposition, simple, qui ne dérangera personne, concerne l'affichage de ces informations sur une carte. Un radar décrivant autour de vous (ou d'un endroit que vous choisissez) l'état de la demande et l'état de l'offre. Ainsi, le client mieux informé pourrait s'aider de son radar pour prendre une décision. Appelez un Taxi ou le héler en sachant ou il va apparaître. 
Cette information permettra aussi l'essor des applications de transport multimodales (prenant en compte le rafic) et proposant le meilleur moyen pour aller d'un endroit à un autre en fonction de divers critères. Idéalement, ce radar devrait être mis en oeuvre par tous les acteurs du tourisme.

InformationRezo (localisation du centre du radar, rayon en mètre du radar)
retour (Liste des véhicules et zones de demande).

Qui mettra en place cette plateforme techniquement ? Qui stockera les données, s'assurera de leur confidentialité et la gérera ? Est-ce un service public (Ministère de l'intérieur ou des transports), ou faudra-t-il créer un GIE regroupant tous les membres de l'écosystème ?
Faudra-t-il aussi ajouter un honoraire supplémentaire ("fee") sur le nombre de requêtes, proposer un abonnement à l'année ? Ce service pourra être gratuit, mais quelqu'un devra payer pour l'infrastructure et la gestion du service.

Maraude : Héler avec le doigt plutôt qu'avec le bras

La maraude numérique ne pourra se faire que sur une plateforme. En effet, la maraude numérique impose un dialogue bi-directionnel entre le demandeur et le taxi.
Ainsi, au lieu de héler un taxi en levant le bras et en zieutant le monde réel, on pourrait cliquer sur un Taxi visible sur le radar numérique de son smartphone. Le numéro de téléphone du demandeur serait capté et la demande envoyée. La demande serait ensuite proposée au taxi, qui s'il l'accepte, devrait renvoyer son accord électronique (ou son refus électronique). S'il accepte, il se rend alors sur le lieu pour récupérer la personne. Le tarif sera alors affiché comme aujourd'hui sur le compteur. On peut imaginer la encore, un coût de "mise en relation numérique" par ceux qui proposeront la plateforme (comme pour un hotel, une location de voiture, etc.). 

DemandeTaxiRezo (localisation, identifiant du demandeur, numéro de téléphone, heure et identifiant de demande généré automatiquement)
retour (Accord ou refus, identifiant de non répudiation).

En cas de problème, il faudra le notifier :
DemandePbTaxiRezo (localisation, identifiant du demandeur, numéro de téléphone, heure et identifiant de demande généré automatiquement, type de problème)
retour (OK, identifiant de non répudiation).

Le paiement se fera par CB et le numéro de non répudiation sera ajouté systématiquement. Pour les voyageurs d'affaire, cela apportera une transparence nécessaire pour éviter les fraudes. Le reçus de paiement pourra être envoyé par email via la plateforme.

Cela permettrait aussi de "noter" les clients et les taxis. Faisant désormais appel à une plateforme de type place de marché numérique, la confiance et la eReputation joueront un rôle primordial. On pourra ainsi "aimer" un taxi ou un opérateur de taxi permettant de les afficher avec des couleurs différentes sur le radar.

Il est clair que cette API pourrait faire émerger extrêmement rapidement des plateformes pour taxis indépendants. Le service, comme ceux des VTC serait basé sur des smartphones. Les quatre grands opérateurs nationaux pourraient même proposer des forfaits et applications dédiées aux taxis pour s'équiper. Les Opérateurs de Taxi déjà en place disposent déjà de l'infrastructure et des centres d'appel, il leur faudra juste intégrer cette API à leur système.

La Plateforme Totale - Du choix, à l'achat en passant par le ticket de caisse


L'émergence d'une place de marché "complète" offrant au consommateur l'achat de prestations de taxis de bout en bout (et/ou de VTC d'ailleurs). Les VTC sont sur ce domaine à la pointe. Il leur suffirait alors de dédoubler leur plateforme pour en faire une plateforme de vente de Taxis. Leur avantage est d'avoir une base de données de clients (et de leur carte de paiement) déjà en place, et d'avoir conçu le processus de vente de bout en bout en numérique ("Order to Cash").

Ils seraient donc en concurrence directe avec les opérateurs de taxis, car leur objectif sera de conquérir le plus de taxi possibles et de les vendre à leur clients des prestations de transport en taxi, moyennant une commission sur la vente (s cela est permis par la loi). Bien entendu, ils n'offrent pas encore tout ce qu'offrent les opérateurs de taxis, mais jusqu'à présent, ils ne se préoccupaient que des clients et pas des taxis. 

Pour les plateformes de taxis, il ne sera pas possible de "payer" à l'avance, car le coût de la course sera basé sur le compteur. Néanmoins, il devra être possible pour le voyageur de payer avec son téléphone directement via la plateforme, qui rétrocédera le revenu au Taxi. Un système comme chez Starbuck en quelque sorte.

Enfin, ces plateformes auraient un devoir de service public, qui leur imposerait en cas de pic de demande de ré-orienter les taxis ou les VTC vers les zones adéquates. Dans ce cas, on devrait permettre au taxi de passer dans un nouveau mode de tarification, leur permettant de pendre en compte ce fait, ce que font la plupart des VTC à l'étranger (je ne sais pas pour ceux qui se trouve en France). 

Les API de cette plateforme n'ont pas vocation à être normalisées, car cela est considéré comme l'avantage concurrentiel de chaque entreprise.

Conclusion

La technologie ne fait pas tout. L'ouverture des données de l'offre et de la demande permettrait de créer de nouveaux horizons d'innovation qui pourraient bénéficier à l'ensemble de la profession, mais aussi au secteur du tourisme et à la France.

Si la France ne créée pas sur son sol des champions du numérique, ce sont d'autres acteurs aujourd'hui champion des plateformes numérique de ventes, des places de marchés, des plateformes d'enchère qui accapareront toute la valeur. Ne reproduisez pas les mêmes erreurs que dans le secteur Hôtelier.

C'est aussi une grande opportunité pour les opérateurs de taxis, les VTC, les startups et les opérateurs de communication de concevoir des offres matérielles et logicielles permettant de faciliter la localisation et la communication avec les taxis. De nouveaux boîtiers (Internet des Objets), de nouvelles applications (sur smartphones, sur ces mêmes Objets connectés et embarqués), de nouveaux modèles de rémunération, voila sur sur quoi il faut se concentrer.

Enfin, les agences de voyage, les hôteliers, les compagnies de transport aérien et du rail veulent aussi "acheter" des prestations de taxis à l'avance ou à la demande et ne le peuvent pas à partir de leurs systèmes actuels. La mise en place d'APIS et de plateformes leur permettra de mieux servir leurs clients et de gagner des parts de marché.

Enfin, il conviendra au législateur de délimiter clairement la différence entre VTC et Taxi et de légiférer sur le co-voiturage pour permettre à cet écosystème de perdurer dans le temps.

Pour permettre de comprendre les enjeux technologiques, j'ai mis en ligne une présentation qui fait le tour de l'impact de la révolution digitale concernant les voitures (version en anglais uniquement, mais les copies d'écran parlent d'elles mêmes).

Tuesday, April 29, 2014

VTC-Taxi : open data, API et plateforme

La fièvre étant un peu retombée suite à la publication du rapport de M. Thévenoud, je voulais apporter ma modeste contribution à la discussion. Je ne suis pas un expert du monde des taxis, et j'espère ne pas commettre d'erreurs dans les hypothèses de ce billet. Voici comment je vois les choses, une vision d'architecte de systèmes ouverts.

La troisième révolution industrielle

Comme je l'ai déjà indiqué a plusieurs reprises, le monde du voyage a déjà vécu 3 grandes révolutions. La dernière en date, la révolution numérique bouleverse le champ des possibles et permet désormais de répondre aux besoins de l'Homo Connecticus (l'homme connecté) qui hurle sur le coté des routes : je veux mon taxi maintenant (comme dirait Michel Serres en parlant de petite "poucette" et de son smartphone: Main tenant, tenant dans sa main le monde, accédant aisément à la connaissance).

Le monde du voyage est a moitié composé d'infrastructures réelles (les atomes: hôtels, routes, voitures, bateaux) et a moitié de services virtuels (les bits : l'ensemble des 0 et des 1 utilisés par les ordinateurs). Or la révolution numérique a modifié les équilibres : la valeur générée par le transport des bits, est plus importante celle générée par celle des atomes. Ainsi, blablacar (1 million de voyageurs par le site chaque mois) ou airbnb (qui a vendu plus de nuitées en 2013 que la chaine Hillton) en sont des exemples majeurs. Ils ne disposent d'aucun biens dans le monde réel, et génèrent de la valeur en faisant correspondre l'offre et la demande de la multitude de gens qui voyagent.

La plateforme comme élément clef de la mise en oeuvre de l'offre et de la demande

Pour que cette valeur soit créée il faut mettre en place des plateformes digitales. Ces plateformes sont nécessairement multi-polaires : elles doivent attirer a la fois ceux qui proposent un offre et ceux qui la consomment. Le modèle de revenus associé varie d'une plateforme à l'autre en fonction du pôle qu'on privilégie. Si l'offre n'est pas suffisante, les consommateurs ne viendront pas. Si la demande est trop faible, les fournisseurs s'en iront voir ailleurs.

Dans le cas des taxis, les plateformes mises en oeuvre ont d'abord permis de créer une offre, en se focalisant sur des services offerts aux taxis. Puis ensuite, aux clients en offrant des moyens de réservation divers des dits taxis. Aucune commission n'est prélevée sur le montant des courses, et le client ne choisit pas son taxi (c'est le dispatch de la compagnie de taxis qui le fait). Le taxi tient au courant la plateforme de ses disponibilités et ne peut pas refuser les courses trop souvent sous peine d'être exclu du dispatch pour un certain temps. Au moment de la réservation, la course n'est pas connue, son prix non plus, mais l'acceptation des paiements par CB est obligatoire dans certaines sociétés (comme Taxi G7).

Pour les VTC, c'est l'inverse, ils sont centrés sur le client. Avant ces trois dernières années, il fallait réserver à l'avance, indiquer la destination au téléphone et payer par téléphone, le prix de la course étant connu à l'avance. Il a fallu la conférence LeWeb à Paris, de mauvaises conditions climatiques, et un manque de taxis évident à la sortie de la conférence  pour qu'UBER naisse dans la tête d'un entrepreneur. UBER est né suite à un manque ressenti en région parisienne ! Eux et d'autres ont adopté des technologies numériques avec une approche centrée sur le client en mobilité. Les nouvelles technologies permettant au client de détecter le VTC dans la ville MAINTENANT, de le choisir, de lui indiquer où il désire aller, d'obtenir un prix forfaitaire et de payer de manière numérique et à l'avance. Enfin, il est aussi possible de noter ce conducteur et son véhicule (la réputation compte dans notre monde connecté ou l'avis de ses amis comptent bien plus que celui de la presse ou des moteurs de recherche). Une commission est prise sur la course par la société de VTC.

Deux approches différentes, deux modèles de revenus différents et des plateformes qui privilégient l'offre ou la demande.

Open Data ne veut pas dire Open API

L'approche open data proposée par le rapport est présenté ci-dessous. Il faudrait alors relier tous les taxis a une plateforme d'État ou un GIE et diffuser les positions de tous les véhicules, leur état (libre, occupé), le temps de travail restant (limité chaque jour), etc.
Les questions qui se posent concernant cette API sont nombreuses:

  • Sera t'elle ouverte à tous ou fermée (réservée à une catégorie à définir). Par exemple, est-ce que les moteurs de recherche du web, les GDS, les start-ups, les plateformes de mobilité, les agences  de voyage, et les agrégateurs actuels y auront accès ?
  • Qui va construire cette plateforme, combien coûtera t'elle, en y aura t'il plusieurs, etc. ?
  • Quel coût aura cette information ?
  • Qui va construire et financer ces interfaces des taxis/VTC vers cette plateforme B2B d’agrégation et de cette première vers les autres plateformes (il faut bien partager ces données finalement) ?
  • Quels seront les délais de mise à jour des positions des taxis (tous les 15s, 30s, 1 minute)? Émettre son positionnement aura un coût (abonnement).
Faut-il au contraire conserver l'architecture actuelle et demander à chaque groupement de taxis de partager ses données avec cette plateforme? Ainsi, ce ne sont pas les taxis qui devront faire l'intégration, mais les centrales auxquelles ils sont reliés. Je reprends ici le modèle commun dans le monde du tourisme, où les hôtels et les avions sont reliés à des centrales de réservations ou CRS (Accor, Air France, etc.), elles mêmes reliés à des systèmes de distribution globaux ou GDS (Amadeus, Sabre, Travelport). Cette organisation a par contre l'inconvénient de ne pas gérer les "indépendants". Il faudrait alors qu'ils choisissent de s'affilier à un CRS de leur choix.

La Maraude et le Dispatch (Jean de la Fontaine)

Proposition n° 1 : La maraude électronique, un nouveau marché pour les taxis : Mettre  à disposition gratuitement les informations relatives à la localisation, à la disponibilité et au tarif des taxis, afin que tout éditeur d’application puisse mettre en relation clients et chauffeurs en temps réel. L’ « open data » des taxis serait alimenté par les autorisations de stationnement, dont la délivrance serait accompagnée d’une obligation de figurer dans la base de données publique. La concurrence entre applications s’exercerait alors au niveau des services (paiement dématérialisé, options offertes à bord, etc.). 

Cette API serait conçue uniquement pour offrir un radar à taxi, mais pas à VTC. Elle permettrait de localiser un taxi dans un emplacement ou de le héler lors de son passage. Le rapport mentionne ici la notion d'Open API, impliquant que tout le monde pourrait s'y connecter.  Et là, il est bien clair que les sociétés du numérique seront bien privilégiées.

Comment se fera alors le dispatch ? Toutes les applications accéderont aux données et la première qui fera l'achat aura gagnée? Certains suivront les modèles de trading haute fréquence ou celui des plateformes de ciblage et d'enchères publicitaires en temps réel (comme Critéo sait très bien le faire). Cela sera t'il le plus rapide en calcul (plus de serveurs), ou celui avec le meilleur algorithme qui aura un avantage ? Je peux vous dire sans trop prendre de risque de me tromper que Google sera parmi les meilleurs.

Enfin, quelles seront les contraintes de cet algorithme et ses objectifs ?
  • Recherchera-t-il le plus court délai de chargement du client ou l'optimisation du revenu des véhicules ? 
  • Un véhicule pourra t'il refuser la course ?  
  • Si un véhicule est attaché a une plateforme comme G7, devra t'il aussi payer pour être sur cette plateforme ? 
  • Comment sera t'il notifié des commandes ?
Et pourquoi pas ne pas créer un boitier connecté pour chaque taxi avec son propre site web capable de prendre des commandes en direct, via le web ? La vente en direct, car un taxi est désormais une entreprise en mobilité !

Vous avez compris, que l'histoire ici se répète. Le domaine du tourisme a déjà vécu ces révolutions pour les hôtels (qui ne bougent pas), les avions (pas de maraude) et les voitures de location qui se trouvent dans des emplacements réservés. L'histoire prouve que la valeur a été captée par certains intermédiaires, au détriment de tous les autres (le domaine de l'hôtel est un exemple à méditer). Les conducteurs seront à la merci des agrégateurs ou des sociétés ayant le meilleur marketing, la meilleur plateforme et/ou application mobile.

Dans un monde numérique ou le temps réel est omniprésent, la maraude devient la norme, le dispatch le cœur du système et la notion de temps n'a plus de sens. On ne pourra plus distinguer un VTC d'un taxi sur le critère du temps d'approche, ni sur la manière de le réserver.

Les plateformes de VTC pourraient vendre du taxi et inversement. Comme dans les télécommunications, on parlera d'opérateur universel de transport. Pour moi le problème vient ici du régulateur et de ses choix de mise en oeuvre. Les taxis ont payé pour une License et des droits. Les VTC, eux aussi payent des taxes et ont des règles. La question qu'il faut se poser est comment redéfinir la définition des VTC et des Taxis en fonction de l'usage qui en est fait, des nouvelles contraintes de mobilité dans les villes et des nouveaux besoins des habitants et touristes ? Cela sans flouer personne, ou en dédommageant ceux qui ont été floués !

J'ai lu récemment que plus de la moitié des taxis font des transports de malades, payés par le système de santé. Pour une personne pressée, avoir un taxi et se déplacer rapidement d'un point A à B est important.  Pour un transport de santé, le taxi doit souvent accompagner la personne, porter ses affaires, patienter, rassurer, etc. Il faudrait alors peut-être leur donner certains droits que seuls les ambulanciers ont.

Il faut innover par les usages et non pas par les taxes associés. Innover dans le Grand Paris !

L'avenir est à la mobilité et à la recherche multimodale porte à porte.


L'avantage de cette API est par contre évident dans un plan de mobilité au niveau de la ville. Imaginez une application qui vous permette à tout moment de choisir le meilleur moyen de transport en temps réel (d'où le terme multimodal, pour multi-modes de transport). Pour plus d'information voir ma présentation.

Ainsi, lorsque je réserve mon voyage d'affaire, je peux commander mon taxi, mon avion, mon hôtel en une seule fois. Je prépare mon voyage de porte à porte. En maraude, je peux à tout moment savoir ou est le bus, l'autolib et si elle est disponible, le velib, etc.

D'un point de vue mobilité, cette information permettrait alors de calculer au plus juste le meilleur moyen de transport en fonction du trafic, de la pollution, de mon age, du type de transport, (affaire, touriste, malade, etc.). Une application de recherche de déplacement multimodale, cela va bien au delà des taxis et VTC!

Et il en existe déjà ! En Europe (Simply-city), en France (Moviken), en Allemagne (Daimler moovel) et aux USA (Waze / Google). Sans parler des applications mobiles comme (Qixxit, Allryder, etc.).

Propriété des données et préservation de la vie privée

Des voyages tracés, un paiement en carte bleue, après le scandale PRISM, cela a de quoi faire peur.

Pour le client, dans le monde numérique si c'est gratuit c'est qu'il est le produit. Donc les clients à la recherche de véhicules devront soit accepter un usage de leurs données recueillies (Gmail est gratuit, mais il scanne les emails pour trouver la bonne pub), soit payer plus pour le service et l'anonymat (comme lors des débuts de la carte imagineR).

Heureusement en France nous avons la CNIL, cela ne devrait pas être un problème insurmontable. Sauf si des plateformes étrangères casse les prix et imaginent de nouveaux modes de revenus ...

Conclusion

En conclusion :
  • OPEN DATA et OPEN STANDARD - OUI
  • OPEN API - OUI sous certaines conditions. Société basée sur le sol français ou accord de réciprocité avec d'autres pays (je pense à l'Allemagne).
  • PLATEFORME - Sous forme d'un GIE de l'état ou d'un organisme sans but lucratif. OUI. Sinon, mettre en place des gardes-fous.
  • APPLICATONS et SITES WEB MOBILES - OUI,  applications gratuites ou payantes en téléchargement avec services offerts gratuits ou payants qui préservent la concurrence, et l'équité du dispatch pour les taxis.
  • Un service à prix régulé (voire déductible des impôts car c'est du service public) pour les taxis indépendants. Les autres payent déjà une redevance à une centrale de réservation qui devra faire l'intégration et fournir le matériel.

Reste les VTC, le régulateur doit redéfinir leur rôle, mais ne pourra pas les interdire de plateforme. Dans une ville intelligente, il devrait être possible de savoir quand apparaissent les pointes de trafic et adapter dynamiquement la régulation des VTC (avec ou sans "pseudo" maraude électronique, car la maraude leur est interdite par la loi) et les tarifs en fonction de cela. Le logiciel et les algorithmes dans les plateformes permettraient d'y parvenir. Dans ce cas, on pourrait s'inspirer de ce qui est fait dans le monde de l'énergie et de l'adaptation de la production en fonction de la consommation.